Imaginez une chenille. Elle passe la plus grande partie de son existence à regarder d’en bas les oiseaux voler, et s’indigne de son propre destin et de sa forme. “Je suis la plus méprisable des créatures, pense-t-elle, laide, répugnante, condamnée à ramper sur la terre.”

Un jour, cependant, la Nature lui demande de tisser un cocon. La voilà effrayée: jamais elle n’a tissé de cocon. Croyant être en train de bâtir sa tombe, elle se prépare à mourir. Bien que malheureuse du sort qui était le sien jusque-là, elle se plaint encore à Dieu: “Au moment où je m’étais enfin habituée, Seigneur, vous me retirez le peu que je possède!” Désespérée, elle s’enferme dans son cocon et attend la fin.

Quelques jours plus tard, elle constate qu’elle s’est transformée en un superbe papillon. Elle peut voler dans le ciel et les hommes l’admirent. Elle s’étonne du sens de la vie et des desseins de Dieu.

Paulo Coelho, “Maktub”, 2004.

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