Laisser sa place dans le métro

Un après-midi de semaine, je revenais d’une journée super exigeante comme j’en ai assez souvent. Mon ipod manquant de batterie, le temps était long. J’avais ben hâte d’arriver chez nous.

Le métro était plein, puis j’étais collée un peu contre mon gré à cet agencement bizarre de deux étrangers. Un jeune homme mi-vingtaine avec une tuque et un sac à dos, style étudiant de l’UQAM. Il accompagnait une femme d’une quarantaine d’années, blonde, qui avait l’air de porter tous les qualificatifs complices du mot “blonde”.

– Y’a pas de place han… Téka si tu vois une place han, tu m’le dis han, chu comme, pas en état… Tsé…

Elle avait l’air molle, comme droguée. Elle n’arrêtait pas de parler, de commencer des phrases sans toujours les finir. Malgré moi, j’ai pu deviner d’où elle revenait. Elle sortait de la clinique d’avortement. Quand j’ai compris, ça m’a tellement mis tout croche, j’en ai eu pour le reste de la journée à y penser. Ça nous arrive tous de prendre le métro en zombie, sans regarder autour, de se trouver une place et de dormir un peu du sommeil qui manquait à notre dernière nuit.

On laisse notre place aux personnes âgées, aux gens avec une canne et aux femmes enceintes, mais il y a de ces douleurs invisibles. Et je ne sais pas trop quoi faire d’autre que de renoncer au siège vide lorsque le wagon se remplit. S’asseoir, quand le dedans cherche un équilibre, ça vaut bien plus que mon trois minutes de sommeil, non?

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