L’âge idéal

C’est nono, vous allez dire, mais j’ai souvent été complexée par mon âge.

Depuis que j’ai sauté une année au primaire, ça m’a toujours guetté dans mes angles morts. Être la plus jeune, c’est rarement très hot.

– Si je comprenais pas mes cours de math, ou que j’courais pas vite, l’âge m’excusait/ justifiait.
– Si je riais trop longtemps à une blague, c’était parce que j’étais plus jeune que les autres, immature. 

Et plus tard…
– Un garçon sur qui j’avais un gros crush m’a déjà floché parce qu’il a appris mon âge. Ouch.
– Le drame de ma vie se produisait chaque fois que je suivais mes amis d’école dans un bar où ils cartaient. Se faire revirer et devoir partir, seule. Un solide walk of shame.
– Quand j’avais des questionnements de vie sur mon cheminement scolaire/professionnel, presque personne ne me prenait au sérieux, parce que j’avais “la vie devant moi”. Mais quand est-ce qu’on ne l’a plus devant soi, celle-là, à part quand on a la mort dans face, sérieux?

J’ai eu 25 ans et on dirait que tout a changé.

– Faire du sport, c’est chacun pour soi. J’ai fait 28 km de vélo, mes félicitations à moi-même, qui n’en avais pas fait depuis une dizaine d’années. Personne ne peut me juger. #passportivepourdeuxcennes
– Si je fais la folle, je ne suis plus perçue immature, je suis “funnay”
– Je ne serai désormais jamais trop jeune pour un homme (lol)
– Même ma babyface ne se fait plus carter, ever.
– Je peux être prise au sérieux avec mon métier, à 25 ans. Même qu’à la limite, certains se demandent comment ça se fait que j’ai déjà accompli ça et pourquoi je ne suis pas en train de courir après une passion random qui paie pas.

Et ce serait facile, à partir de maintenant, me mettre sur le pilote automatique et ne plus chercher à me développer. M’installer dans ma vie, en faire une belle routine harmonieuse avec des beaux meubles dans mon salon. Essayer de m’caser avant trente ans, juste pour feeler sécur maintenant que je peux.

Mais à la place, je mange debout dans ma cuisine à défaut d’avoir une table, mon iphone qui joue de la musique dans un bol dans mon salon où j’suis pas encore foutue de me brancher sur une couleur pour mes murs, parce que mes parents approuvent pas. J’espère fort récolter cet été des tomates de mon plant acheté chez Dollarama. J’invite plein de gars chez nous que j’frenche pas. Je donne mon numéro à des étrangers qui me font rire. Je dépense trop en sushis, guacamole et en produits pour cacher mes cernes.

Est-ce que je me plains?

Nah, mais maudit, je vois mes traits vieillir sur les photos et j’ai peur de ne plus avoir cet âge idéal demain. Tout est (trop) possible. Peut-être que je gaspille mon temps sans m’en rendre compte? Qu’est-ce qu’on regrettera dans dix ans? Y a-t-il moyen de le savoir?
Mais vous pouvez rire de moi et mes angoisses de quart de siècle, after all, j’ai la vie devant moi han?

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