Retrouver Noémie

Il y a cinq ans, je m’apprêtais à quitter les terres anglaises pour retrouver avec soulagement le confort de voir du français sur les panneaux des routes et sur les menus de restaurants. Après du harcèlement psychologique par mon superviseur au bar qui avait de beaux yeux et beaucoup de tattoos, de tumultueuses recherches d’appartement, un vol de porte-feuille très plein de toutes mes cartes dans Shoreditch et un ras-le-bol des températures-anglaises-de-bord-de-mer, je voulais plus que jamais revenir à la maison et manger un pâté chinois, tranquille.

Partir solo pour aller vivre dans un pays où on ne parlera pas sa langue maternelle, c’est plus qu’un simple défi, surtout quand on sous-estime la complexité d’un accent. Heureusement, j’ai rencontré à l’époque une fille qui faisait la même chose que moi.

Lors de ma première journée au Royaume-Uni, j’étais allée me perdre dans Hyde Park en faisant passer l’envie de dormir dûe au décalage horaire. En revenant à l’auberge de jeunesse, Noémie était là, avec l’autre fille avec qui je partageais la chambre. Nous faisions partie du même programme qui nous avait permis d’obtenir notre visa de travail et on a découvert une bonne partie de Londres ensemble. On a réussi à avoir une job pas mal en même temps et les deux on se partageait nos déceptions et nos insécurités sur cette vie nouvelle. Notre recherche appartements modestes, le douloureux coût de la vie anglaise, les boulots moches de restaurants/bars qu’on parvenait à décrocher de justesse à cause de notre accent.

Quand j’ai commencé à fréquenter mon superviseur italien que je percevais comme simplement mystérieux et partyboy, Noémie s’est d’abord réjouie avec moi. Puis les choses se sont gâtées, le partyboy m’a manipulé, se foutait un peu de moi pour ensuite créer des moments très intenses où il me disait que j’étais tout pour lui. Ce genre de partyboy là.

Et Noémie était là pour m’écouter me vider le coeur, me conseiller, ou encore m’accompagner dans des afterpartys en plein après-midi avec des groupes d’amis louches du travail. Quand on a été écoeurées de la vie british, on a décidé de partir en voyage ensemble, mais on ne s’entendait pas sur la destination. Alors on n’a rien fait, ni l’une ni l’autre. On est restées sur les sols froids de cette Grande-Bretagne.

Noémie était pleine de girl power par son appui et son soutien à la fille de 21 ans que j’étais. Quand elle est venue me voir à Brighton, elle m’a couvert de compliments sur mon blogue. Que ce que j’écrivais la faisait tellement rire, qu’elle l’avait partagé à ses contacts. J’avais capoté de voir cet effet-là sur quelqu’un qui me lisait. Ça m’a encouragé à continuer.

Un moment donné, j’ai réalisé qu’elle n’existait plus sur facebook. Ça m’a fait de quoi, parce que je ne me souvenais pas de son nom de famille, juste qu’elle venait d’Ottawa et qu’elle avait vraiment rendu mon voyage moins pire (meilleur compliment ever, je sais).

Alors si jamais ça vous adonnait de la connaître, dites-lui donc de m’écrire!

J’aimerais retrouver Noémie.

Noémie
Trois filles à Londres, 2011

(Elle est en jaune sur la photo!)

 

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