L’art de se compliquer la vie

La saison du vélo est terminée pour moi. Les années passées, j’entreposais la bête dans un sous-sol humide, ou une remise très modestement outillée pour s’isoler de l’hiver montréalais. J’avais démonté mon vélo, enlevé une roue, puis deux, on enlève le banc, et ça fitte, ok good.

Cette année, je m’offre le luxe d’entreposer mon vélo dans une shop près de chez nous. Pourquoi? Parce que ça me tente pas de renouveler l’expérience de remonter mon vélo sur mon balcon, faire revoler le p’tit ressort de la tige de la roue avant dans le gazon du voisin, sacrer, aller acheter une pièce de rechange, tout ré-assembler. Pis me dire, à peine satisfaite, les mains beurrées, qu’au moins j’ai sauvé du cashhhh.

Du cash, j’en ai sauvé déjà. En parcourant les circulaires chaque jeudi comme une mamie qui a rien que ça à faire, en acceptant de la sauce à spag d’un admirateur d’instagram, en toffant ma table à manger IKEA comme bureau et en ayant ghosté ma naturopathe. $$$

C’est une job en soi, sauver des cents. Je me rappelle d’un ancien boss qui m’avait dit qu’il fallait de l’argent pour faire de l’argent.

Ben oui. Tristement vrai. On dira ce qu’on voudra, y’a personne qui part à zéro et qui va faire partie du top 20 des millionnaires Forbes avec une boutique de drop shipping sur Shopify. Quand on a juste des peanuts, on fait du beurre d’arachides à étendre sur le petit pain pour lequel on est né. À vivre dans l’insécurité, on devient des pros de la planification des lunchs, on chauffe moins l’hiver, pis un prend un verre de moins quand on sort.

Mais t’sais quoi. Gary Vee le dit. Les barrières sont surtout dans notre tête. Si on veut vraiment quelque chose, we can make it happen. Pas les moyens d’acheter un bateau? Retourner aux études? Lancer un projet créatif? Est-ce vraiment impossible?

Fais-toi un plan. Déménage dans plus petit, ou pogne-toi un coloc. Slack le Ubereats. Toffe ta repousse. Essaie la technique Marie Kondo pis vends tes trucs superflus sur Marketplace. Évalue tes priorités.

Les priorités. C’est ça qui fait qu’au premier plan, je mettrai pas « ré-assembler mon vélo », mais que je vais préférer écrire une chronique sur quelque chose, créer du contenu de médias sociaux pour des séries web, me partir un podcast. Toute sauf visser des vis quand quelqu’un de passionné va accompagner mon vélo dans un endroit chauffé plein de mécanos qui savent ce qu’ils font. Win-win.

Et à la shop à vélo, ils vont même lui faire une p’tite séance spa au printemps. Rihanna lui dirait: Shine bright like a diamond.

Shine bright, mon beau bike. On se revoit en mai. xx

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